Ses premières séries photographiques, Laurence Vray les consacre au « photo-reportage » lors de ses séjours au Maroc, en Inde, à Cuba ou au Népal. Au Maroc, notamment, la mission photographique avait pour ambition de témoigner de l’artisanat encore actif sur le territoire. Plus proche de nous, elle réalise en 2002 la série La Glace Passe. Au sein de sa propre région du borinage, elle devient photographe nomade dans la lignée de la photographie-documentaire. Prises de l’intérieure de la camionnette, les photos saisissent des scènes de rue. A l’écart de l’image instantanée qui donne l'importance à la posture, elle privilégie plutôt les moments d’intimité, de complicité et d’échange. Portraitiste, elle réalise également des projets sur des réfugiés ou des sans-papiers, qu’elle s’attache à présenter d’abord et avant tout comme des êtres humains ; ce qui fait d’elle une artiste d’une grande intégrité qui ne cherche ni à satisfaire une esthétique ni à édulcorer une réalité.
Une autre de ses grandes influences réside également dans la poésie et la langue française. Elle réalise d’ailleurs plusieurs collaborations avec des poètes tels Claire Lejeune ou Souéloum Diagho. Certaines d’entre elles donnent lieu à la publication de livre d’art. Le titre de sa dernière exposition personnelle à l’Atelier des Fucam en 2023, « Quelques millimètres au-dessus de la terre » est inspiré d’un poème de Marina Tsvetaeva. D’un point de vue artistique, ce titre exprime bien l’état d’esprit dans lequel