ABSTRACTIONS SOLIDES : MINIMALISTES ET RADICALES
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PORTRAIT :
Il n'y a en général rien du tout, enfin
rien de spécial
ni d'intéressant, sauf quand elle est interpelée par "ça",
"ça" qui est un détail, un angle, une couleur,
un tremblement insolite ou vague, qui,
à peine a t-il rejoint sa pupille qu'à l'intérieur c'est toute une nature,
une jungle, une protubérance qui oeuvre à traduire la "chose" en une
problématique,
et le murmure qui l'a prise tantôt par la manche devient l'injonction à
entendre un cosmos entier dont l'image sera la réponse logique, exacte,
(au doute près).

Le point commun avec la science dure, c'est que tout le laboratoire est
en jeu dans la question. Celle-ci devient quantique, autant que le
cerveau lui-même.

L'image est un acquiescement à toutes les propositions du murmure, et
leur convergence ; elle en sera la synthèse ou rien, et une
contemplation vraiment détachée devrait, tout aussi logiquement,
retrouver ce murmure, non comme signal, mais comme une attestation
de l'intelligence avec l'image.

Les images de Corinne sont des fruits direct de la consience qui voit,
donc qui est.
Le processus, qui peut prendre trois heures à l'aller, n'est instantané
qu'au retour, lorsque le clic, mélangé au fleuve du temps s'étale à loisir
dans la durée des yeux, nous fournissant sur un plateau la preuve de
l'autre, avec un segment de nous-même pour véhicule.

Il ne faut pas faire de bruit. Ni d'autres sons.
Mais l'écriture peut (éventuellement) servir de musique, toute provisoire
et suspendue, à ces poêmes-là, resolvant l'énigme dans un coin tout en
conservant au mystère la grâce de son entièreté.