We are passengers
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(FRENCH BELOW)
While people usually travel to discover new cultures, visitors to Lapland rather experience nature. In the last wilderness of Europe which straddles 4 countries, the landscapes never were transformed by the human hand, and for a good reason: living here makes us feel how fragile we are compared to nature’s power. In this white desert literally located at the end of the world, the natural elements seem hostile to the visitors who loses their bearings. The colors fading to grey, the great silent expanses and the extreme coldness create a graphic landscape where each photography is a struggle.
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Si l’on voyage généralement pour découvrir l’autre, je suis allée en Laponie à la rencontre de la nature. J’ai passé l’hiver à trois cents kilomètres au nord du cercle polaire, pour photographier la dernière contrée sauvage d’Europe où températures extrêmes, nuit polaire et végétation enneigée composent les conditions d’hostilité d’un désert blanc sans fin. Y vivre, c’est donc éprouver physiquement la fragilité de l’humain, mais aussi revenir à un rapport primitif avec la nature.

Apparaissant le plus souvent en nuances de gris, la Laponie brouille les appréciations de l’œil qui ne perçoit ni couleurs ni distances dans de grandes étendues silencieuses où même les animaux sont en situation de fragilité. Différentes formes de neige et de glace, minéraux, fourrures, pins ou aurores boréales émergent cependant du blanc pour former des images radicalement graphiques et parfois inquiétantes.

En tant que photographe, chaque sortie doit être minutieusement préparée pour minimiser les risques -ou au moins revenir avec tous mes doigts. Dépassée par le froid polaire, la technologie fait parfois défaut, renforçant la sensation d’isolement et de vulnérabilité : photographier les paysages polaires devient alors une épreuve où le corps entre en résistance.