There is no narrator for this quirky, dark, mysterious visual story from the young French auteur Julien Magre. Is it a cinematic sequence of scenes from a child’s memory? A dream, a diary, a nightmare? You must decide for yourself, without intention, the story unfolds in your own imagination and it becomes your story, somehow, personal, haunting, confusing. You return over and over again to unravel the riddle.

You may like to experience these full-screen, at your own pace, with some ambiguous ambient noise as a soundtrack to take you on this road trip.

Bon voyage, bon courage!

—Jim Casper


Editors’ notes:

Here is a poetic French interpretation:

C’est un film. On en connaît le scénario :

il est tapi à l’intérieur de chacun de nous.
Il ramène la route à la nuit, à des terreurs
d’enfance, à des espaces qui ne montrent
que la surface des choses, mais en-dessous,
Il sourd tout le danger du monde.
Toute surface porte en elle une dangerosité.
L’autoroute, elle, l’étale. A killer on the Road.
Des pas dans la neige. L’absence de bruit
sinon la fréquence du passage des voitures,
ça, on ne s’y habitue pas. On ne sait plus.
On ne sait plus très bien si l’on préférerait
qu’il n’y ait personne, pas un chat, ou si l’on
se surprend à craindre chaque véhicule qui vient,
pour ce qu’il porte d’inconnu, de danger.

Il est seul, ce paysage sur lequel se lève l’aube.
Il est aussi seul que nous, et cela, ça n’est
pas admissible. C’est la première sensation
que nous avons eue enfant, quand nos parents
ont pris la voiture pour partir. On s’est endormi sur
la plage arrière de la voiture, et on s’est mis
à rêver de fuite. À l’extérieur, chaque signe nous
menaçait, le monde nous courait après,
ne nous laisserait pas nous en sortir vivant.
They Drive by Night. Les Amants de la nuit.
La Nuit du chasseur.
Rencontres du troisième type.
Canada. Thieves Like Us.
Les Fugitifs. Ghost On the Highway.
Il y a tout le cinéma américain, toute la littérature
américaine, tout le folk américain dans
les yeux semi-terrifiés de la fille de Julien Magre.
Il y a l’image même de ce sentiment qui est la peur,
cette peur qui est comme un changement
de dimension en nous. L’autoroute, soudain trop
d’espace, trop de perspectives, des paquets
de masses sombres, ou les yeux d’un animal
éclairé plein phares. A-t-on rêvé où avons
nous réellement croisé le regard d’une biche,
A-t-on rêvé ou celle-ci nous a souri ?
La nuit est devenu soudainement caressante,
les sons se sont fait protecteurs, on s’est
enfoncé dans la route, mes parents et moi,
dans le moelleux de cette route pleine de rêve.

Au petit matin, le monde est froid et humide.
La terre est gelée, les bois sont silencieux, on entend
le moindre craquement, comme toujours il fait
un froid de loup. Encore une autre journée à fuir
(la police ou l’ennui de n’être que ça, un enfant
de sept ou huit ans qui rêve d’aventures, partout),
et d’autres crimes silencieux à venir, de bêtes à éviter,
e barbarie à défaire. Encore une journée à s’inventer
une vie à toute berzingue, à se rêver gangsters
ou jeunes mariés, vacanciers ou rois de la route.
Encore une journée américaine…
La balade était sauvage.
Merci, Papa, merci, Maman.

—Philippe Azoury


A shorter edit of this great visual narrative was displayed at Le Bal in Paris, along with the road works of four other photographers—find out more about this past exhibition.