"Qui a dit que les garçons naissent dans les choux?
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Naissance – Renaissance .

Le plasticien Thierry Rouyer dans son travail artistique nous parle de l’acte complexe de naître et de renaître à soi-même.
Il nous interroge sur les injonctions, diktats, conventions d’une société qui nous berce parfois avec ses illusions de route à suivre, ses poncifs, ses commandements à être, ses costumes à endosser …
La naissance d’un être humain est-elle d’une évidente limpidité, d’une radicalité radieuse, d’une félicité réelle ou fantasmée ?
Comme nous le rappelle Thierry Rouyer :
Qui a dit que les garçons naissaient dans les choux et les filles dans les roses ?
Entre fiction et autobiographie, illusion et réalité, l’artiste se met en scène dans son travail en prenant le risque de se mettre à nu et de se dévoiler.
Il explore des territoires où la frontière est moins ténue qu’il n’y paraît entre le féminin et le masculin. Les délimitations deviennent plus floues : le rose et le bleu layette se mélangeant, se fondant l’un dans l’autre pour donner le violet, le mauve délicat de la couverture. La part féminine et la part masculine s’imbriquent, se chahutent, lutte de pouvoir ou apaisement, interpénétration de l’un et de l’autre, fusion ou dualité … ?
L’acte de naître au monde n’est pas si anodin : hasard, acte voulu, désir avorté… : tout cela conditionnera l’être en devenir et c’est, ce que questionne Thierry Rouyer dans son travail artistique.
Cet être nouvellement arrivé, embrassera-t-il le monde, le prendra-t-il à bras- le- corps ayant connu la douceur du coton, les eaux fécondes du cocon, de la matrice, du nid douillé et protecteur, ayant été lui-même attendu comme un trésor, une perle précieuse………… ou sera-t-il un pauvre hère, résidu, déchet, perdu dans une civilisation industrialisée échoué entre pneus, poussières, débris métalliques et terres arides ?
Thierry Rouyer nous laisse entrevoir un possible, une ouverture dans cette pseudo-fatalité de la naissance.
Et si l’homme écartait les barreaux de sa propre cage, prenait son destin en main et naissait à lui ?
Et si l’homme et l’artiste par choix décidait de renaître après un long parcours initiatique ?
S’ouvrir à soi-même et se libérer. Texte de Claudiane FORET, CFRT.