Quelque chose m’attache à « St-Jo ». Difficile de savoir quoi. À chaque fois que je suis parti, je suis revenu. J’y ai étudié avec désinvolture et enseigné avec application. Rien d’extraordinaire, certes, mais pendant toutes ces années, je me suis fâcheusement contenté de rentrer et sortir de l’établissement, restreignant mon regard aux injonctions du quotidien. Pour espérer appréhender tout ce à côté de quoi j’étais passé, il me fallut donc effacer les statuts de chacun en même temps que les miens.
D’un côté, j’ai observé les élèves une fois que retentit la sonnerie, éloignés des contraintes directes du lieu et du temps d’enseignement. Ils sont photographiés dans leurs moments creux, avec distance, quand l’élève laisse place à l’adolescent.
De l’autre, je suis parti à la rencontre de tous les services qui permettent à un lycée de garantir sa mission. En ressortent des portraits posés, d’apparence solennelle, figeant ces hommes et femmes dans l’intemporalité de l’institution et l’universalité de la fonction. Car si les élèves passent, eux assurent et assument la continuité d’un service qu’il faut défendre et protéger.
Scrutées dans leurs détails, ces photographies dévoilent des fragments de vie d’une précieuse banalité, qui permettent de saisir la complexité et les subtilités de ce qui se joue dans une salle de classe.
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I am somewhat linked to « Saint Jo ». Hard to know why. Each time I left, I came back. There, I studied with casualness and teached industriously. Nothing extraordinary, indeed, but during all these years, I was unfortunately merely going in and out, my look being limited by day to day life’s authority. As I aimed to capture everything that I had missed before, I had to erase each and everyone’s status, as well as mine.
On one hand I observed the pupils after the ringing of the bell, taken away from the direct restraints of the place and time to study. They are pictured in their quieter moments, with distance, when the pupil gives way to the teenager. On the other hand I met every department which allow the highschool to fulfill it’s purpose.
As a result : calm portraits, emiting solemnity, capturing the timeless institution and the universality of the trade in these men and women. Because even if the pupils come and go, these people guarantee and assume the continuity of a service which must be defended and protected.
Thoroughly examined, these pictures reveal life pieces of a precious banality, allowing to seize the complexity and the subtleties of what is at stake in a classroom.