Handiboxe
Project info

Mon sujet présente le travail de bénévoles au service de la boxe pour handicapés et handivalides. J'ai suivit au cours de deux dernières années des animations ou des rencontres qui ont permis à des gens atteint de handicaps, physiques ou mentaux de découvrir la boxe d'une manière ludique. Mon travail s'est conclu par une exposition qui a lieu à bourges le 12 et 13 mai 2017. Je vous adresse le texte présentant l'exposition

Évidemment, comme toute histoire se doit d’avoir un début, le projet qui aujourd'hui prend vie a connu ses prémices. Le jour où Julien m'a invité à découvrir son univers pour y réaliser quelques clichés, j'avoue avoir eu la sensation d’être un écrivain devant la page blanche d’un roman encore à l’état embryonnaire.
Bien sûr, j'ai lu quelque part que les premières lignes sont les plus périlleuses, les plus difficiles à faire naître. Donc, je songeais qu'il me suffirait de réaliser une première image pour m'engager, tête baissée dans ce projet un peu fou.
J'étais à des années lumières d'imaginer dans quelle aventure extraordinaire je m'engageais. Plutôt marathonien et coureur de fond, du monde de la boxe j’étais plutôt ignorant. Bien sûr j’avais appris que l'on présente ce sport comme le noble art, mais, malgré tout, je l'entrevoyais comme une activité violente, bâtie autour d'une certaine agressivité. A présent, je reste persuadé que mon erreur provient de mon ignorance, les préjugés ont la dent dure !
Donc, il y eut cette première fois, j'ai conservé dans un recoin de ma mémoire le souvenir de mon malaise mêlé à de l'anxiété, dès l'instant où je franchi la porte de la modeste salle d’entraînement, mon appareil photo à la main. Heureusement Julien est là qui me présente à l'assemblée.
- Voici Bruno, il va faire quelques photos sympas.
Ouillouillouille… Est-ce que je vais être capable, est-ce que je ne risque pas d'être trop intrusif, voir même voyeuriste ! Et si je me plantais ? Si mes photos ne correspondaient pas à mes attentes et celles des autres ?
Je sais, certains diront qu’il aurait été facile de faire marche arrière, même si avouer son incompétence n’est pas toujours simple à admettre.
Benoit entre dans la salle où flotte une odeur de gants humides et de transpiration, puis, Alice à son tour pénètre la pièce, elle amorce quelques mouvements d’échauffement, lutte studieusement contre un punching-ball en cuir, pâle imitation d’un sparing partenaire. Je me hasarde, coincé dans l’encoignure d’une armoire à déclencher timidement l’obturateur de mon Nikon. La soirée avance, je me détends alors progressivement, je m’autorise encore quelques clichés, je n’ose pas encore regarder sur le minuscule écran de mon reflex les images saisies, sans doute par peur de découvrir une certaine platitude et beaucoup de banalité.
Vingt heure trente, retour à la maison, je suis à la fois impatient de découvrir mes images, mais aussi tenaillé par la peur d’avoir été incompétent. La première image s’ouvre, Alice apparaît, je converti la scène en noir et blanc, version légèrement sépia… C’est un choc, cette image est pour moi une révélation, ce cliché monochrome, une fois la surprise passée m’émeut, me trouble à travers la sensibilité de cette jeune femme concentrée, face à son punching-ball. J’ai peur de manquer de modestie, mais à présent je sais que ce projet verra le jour.
Deux années viennent de s’écouler, j’ai vécu chaque rencontre, chaque rendez-vous, chaque image comme un cadeau que m’ont offert les « Handiboxeurs » par leur amour de ce sport que j’apprends à découvrir lors de chaque nouvelle sortie. Depuis ce premier jour, j'ai vu tant de sourires, de plaisir et de respect que les mots me manquent pour remercier tous ceux qui ont permis cette exposition.
Merci Julien, Stéphane, Alice, Benoit… Et tous les autres.
Bruno Cuggia