Passing his sky / Passer son ciel
Project info

texte FR en dessous

EN--
it's a series about rurality, the profane and the sacred. About the way they shaped the landscape and our perception.

It's in a small space between the highlighting of dualities and the observation that I envisaged the creation of this sequence of images, I tried to place a distancing glance between an historical heritage and things to come, between a moving rurality and the cycles of the elements, between the sacred and the profane. The project was done in my near, local environment by confronting what I had under my eyes and the context was born with the relation between the tradition, the relation with the religious heritage, the "now" and the future of a rural world.

Although all images where taken close to where I live, I am not looking to describe the specificity of a territory : I am looking more for the remanence of a landscape of yesterday, small traces still visible that get unnoticed, it is a silent oscillation, a walk on a path where the past is dissolving in the present. Chapels -small popular religious buildings- punctuate a landscape shaped by agricultural work, crops, and houses development with their (often) white architectural form, or I should say archetypal. Their presence is acquired, common, but yet they appear to be placed by inadvertence, by force, into the landscape just like other elements, profane, agricultural, agri-cultural.
I like to reduce them to a formal entity and exchanging with other formal entities, highlighting the fact that we give values. These dualities tend to underline the relationship to the places and values of a rurality that seems to be letting go of its time. A short space where we can feel a frozen temporality, in a setting yet to become.

FR--
Une série à propos de la ruralité, du profane et du sacré. De la façon dont ces concepts ont façonnés le paysage et notre perception.

C’est dans un espace situé entre la mise en exergue de dualités et le constat que j’ai envisagé la création de cette suite d’images, posant un regard distancié entre un héritage historique et un à-venir, entre une ruralité mouvante et les cycles des éléments, entre le sacré et le profane. L’un étant l’écho de l’autre, l’un englobant l’autre.

J’ai mené cette réflexion dans mon environnement proche, local en confrontant les éléments que j’ai sous les yeux. La trame est née avec le lien qui unit la tradition, l’actuel et l’avenir d’un monde rural.

C’est une démarche qui prend ses racines localement mais elle ne tend pas à décrire la spécificité d’un territoire : ce sont des lieux qui sont chargés de la rémanence d’un paysage de l’hier, de petites traces encore visible qui passent inaperçu, c’est une oscillation silencieuse, un déplacement sur un chemin où l’on avance indifféremment du passé qui disparaît.
Des chapelles -petits édifices religieux populaires- ponctuent de leur forme architecturale souvent blanche un paysage façonné par le travail agricole, les cultures, l’habitat. Leur présence est acquise, commune, mais pourtant elles semblent greffées de force dans le paysage comme d’autres éléments, profanes, agricoles, agri-culturels. L’un et l’autre peuvent être réduits à une entité formelle à qui l’on prête des valeurs.

Ces dualités tendent à souligner les rapports aux lieux et aux valeurs d’une ruralité qui semble laisser passer son temps. Qu’y a-t-il derrière cet horizon où la terre profane semble toucher le sacré du ciel. Derrière le manque d’horizon, derrière une porte qui ne mène nulle part, un mur, un épais brouillard, une clôture, une route dont on ne voit pas où elle nous conduira, un chemin boueux. Est-ce que l’on espère y trouver une promesse de demain ou est-ce l’hier qui engloutit l’espace. Deux couloirs dans un espace ténu où l’on pense une temporalité figée, dans un décor pourtant en devenir et où s’entrecroise les différentes strates.