Habiter poétiquement le monde
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I’ve always been sensitive to the inexorable passage of time.

I named my first series “Vanitas” after the painting tradition that deals with the difficulty of facing up to the transitory nature of all things.

Photography cannot save the butterfly from time. It can only freeze it for a moment to represent its soul before it inevitably disappears.

This is what this art does with an emotion, with light, with a flower or a body: it simply captures a single instant before it's gone forever.

I’ve allowed this deep awareness of the ephemeral nature of things to mature within me, to make it less melancholic and to celebrate it in “The Impermanence of All Things”, works inspired by Eastern arts and culture.

Photography allows me to represent the transitory nature of things, highlighting how everything melts into a never-ending universal flow.

This is what shaped my most recent work. This current series is my way of trying to break away from a binary view of life and death to see them instead as two sides of the same looking glass that we must pass through: one cannot exist without the other.
It reminds us that we are here and now, and that we are here, as Hölderlin puts it, “to poetically inhabit the world”.

Veronica Mecchia

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J’ai été toujours touchée par le côté éphémère des choses et des êtres vivants, par le passage inexorable du temps.
Ma première série, « Vanitas » se saisissait de cet aspect douloureux et, s’inspirant de la tradition de la peinture, elle désirait le représenter.
La photographie n’épingle pas le papillon.
Elle le fige pour le représenter, son être, sachant qu’il est déjà prêt à s’envoler, à disparaître. C'est ce que cet art fait d’une émotion, de la lumière, d’une fleur ou d’un corps :
un instant, avant sa mort.
J’ai muri en moi cette conscience profonde de la nature éphémère des choses pour lui faire perdre en mélancolie et c'est à sa célébration que j’ai voulu participer en lui rendant hommage dans « L’Impermanence de toute chose », œuvres inspirées de la culture et des arts orientaux.
Photographier m’a aidée à représenter la nature transitoire des choses, une finitude qui se fond désormais dans un flux, universel.
C'est de ce parcours que naît ma dernière série. Elle rompt avec l’opposition entre vie et mort pour les concevoir finalement comme les deux côtés d’un miroir à traverser : sans l’une, l’autre n’existerait pas. C’est une tentative de s’incarner, de prendre conscience que l’on vit ici et maintenant ou, comme l’écrivait Hölderlin, d’ « habiter poétiquement le monde ».

Veronica Mecchia