This personal and sensitive series of portraits was selected as a finalist in the LensCulture Portrait Awards 2016. Discover more inspiring work from all 39 of the winners and finalists.


In the image of the personalities they are trying to represent, in the image of the indecision and trouble which emanates from them, the portraits of Anne-Sophie Guillet try to achieve—with the greatest possible fidelity—the undefinable which lives within each subject. Subjects who, with all of the intermediary space-time between themselves and the photographer, agreed to pose.

Maybe photography is a particularly appropriate medium to dig into the enigma presented by identity; one which the camera strikes, but with its own genre of indecision. Indeed, a still picture, such as the kind that Guillet produces, combines generous confidence with a mysterious dignity, and thus speaks better to the movement and force that lie at the center of the undecidable.

Perhaps a fixed image allows us to reach more deeply, with a singular loyalty, to what is not similar to the known or already determined. The picture does not refer to anything other than a single feature—common across all images; a characteristic which shares three simple letters: “Who?”

The series, “Inner Self,” continues thanks to the unexpected encounters (necessarily quite rare) that suddenly burst into being from the strict duality that governs most of our relations. In the end, after the moment of shock, what remains is an exchange of frontal glances, from eye to eye, between the spectator and the person in the image.

What then materializes, beyond the strange silence contained in these photos, is a mute dialogue, dense for he who would take the time to face the other. A space filled with the ricochet of unfulfilled expectations and the crumbling of our certitudes. A time that leaves us alone with all but those three letters who resemble ourselves, who—whether we like or not; accept it or not—”Who?”

—Text written by Anne-Françoise Lesuisse, January 2016

(Translated from French to English by Alexander Strecker)


Original text

A l’image des personnalités qu’elles représentent, à l’image de l’indécision et du trouble qui émanent d’elles, les portraits d’Anne-Sophie Guillet tentent d’atteindre, avec le plus de fidélité possible, cet indéfini qui habite celles et ceux, et tous leurs espaces-temps intermédiaires, qui ont accepté de poser. Peut-être la photographie est-elle un médium particulièrement approprié pour creuser l’énigme de l’identité quand elle se percute à une indécision de genre. En effet, un arrêt sur image, tel celui qu’Anne-Sophie Guillet recherche, qui allie confiance généreuse et mystérieuse dignité, dit mieux que le mouvement, la force équivoque de l’indécidable. Une image fixe permet peut-être d’atteindre avec plus de profondeur cette fidélité au singulier, à ce qui ne s’apparente pas à du connu, à du déterminé, et qui ne renvoie à rien d’autre qu’à une seule caractéristique commune qui traverse les images, une caractéristique partagée qui s’épèle en trois lettres : “qui ?” Cette série “Inner Self” se continue, à la faveur des rencontres inattendues, nécessairement assez rares, des êtres sortis tout à coup de la stricte dualité qui régit la plupart de nos relations. Au bout du compte, passé le moment d’ébranlement, ce qui reste est un échange de regards, frontal, les yeux dans les yeux entre le spectateur et la personne dans l’image. Ce qui se matérialise alors, au-delà du silence étrange qui émane de ces photos, c’est un dialogue muet, dense pour qui sait prendre son temps face à l’autre, qui fait ricocher les attentes déçues, émiette les certitudes et nous laisse seul(e) à seul(e) avec ces trois lettres qui nous ressemblent aussi, qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou non : “qui ?”

—Texte écrit par Anne-Françoise Lesuisse, janvier 2016