PORTRAITS
C’était comme si je pénétrais dans la jungle. Sous le manteau de la nuit, je sentais l’air frais et le parfum des plantes. L’atmosphère était muséale. Ils étaient là. Ils m’interpellaient. Portraits. Force et puissance de vie. Le réel et l’imaginaire. De vie et de mort confondus. Traces. Ici, la ressemblance est presque trouble. Invitation : voir les expressions faciales, malgré l’absence de chair et de muscles. Apercevoir le regard, malgré l’absence des yeux. Puis, dans un autre sens, oublier la chair, contempler les dessins fins et les porosités des os. Trouver des chemins, des paysages, des cartes. Oublier les yeux et infiltrer les cratères, les tunnels. Habiter les cavernes. Ce travail questionne notre rapport à la mort, sans doute moins qu’il invite à réfléchir et sentir la vie.
Fernanda Tafner
*Avec l'aimable autorisation du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.