« Komorebi », en japonais, évoque le soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres. Temps suspendu, ici et maintenant. Jeux de lumière, clair-obscur. Un instant fugace où tout n’est qu’observation silencieuse, communion des sens avec la Nature. Les yeux fermés, à l’écoute du frémissement de la brise, du chant des oiseaux ou du craquement des branches. Un autre mot, japonais lui-aussi, résume cet état de conscience, cette immersion : « shinrin-yoku », bain de forêt. Lignes et structures créent leur propre architecture. Feuilles mortes, écorce, lichen. Langage organique. Parfum d’humus. Contrastes. Ce sont ces instants, intimes, éphémères, uniques, que j’aime saisir, témoin presque intruse de ces miracles presque anodins. Il n’y a pas de mots pour décrire ces émotions en français. La photographie peut-elle entrouvrir cette porte ? Je retiens mon souffle.