Filigrane explore un univers personnel, sensible, qui fait résonance à mes questionnements. C’est une série sur la solitude, considérée ici non comme un fléau mais comme un ressourcement, une source d’introspection, de recentrage et de confrontation à un soi-même qui nous échappe. Cela se traduit par un retournement de l’appareil sur moi-même, non pour réaliser un autoportrait au sens classique du terme mais plutôt dans l’idée de retournement du regard et d’introspection en général. Dans ce rapport intime, personnel avec le paysage ma présence dans celui-ci se lit d’abord comme une place à reconquérir, comme une renaissance de l’homme à un moment où il s’est égaré par ses activités dans une voie plus néfaste que bénéfique.
Cette série est aussi, de façon plus large une réflexion sur le rapport de l’homme à la nature et les contradictions que nous pouvons porter en nous dans cette relation parfois difficile mais aussi salvatrice. Ce va-et-vient entre un rapport plus individuel à la nature et cette interrogation sur son devenir, sous forme de clins d’œil, de mises en abîme ou d’exagérations sur notre place dans celle-ci, est au centre de mon propos.
En laissant place à l’imaginaire et à l’interprétation chacun doit pouvoir construire son propre récit, naviguer librement entre mes images, s’attacher aux détails qui ponctuent cette narration et mettre ses propres mots.