Lorsque je descendis du transsibérien en 1985, je ne connaissais rien de la Chine.
Le bleu de chauffe donnait le ton sur fond rouge.
J'ai passé les deux premières années à me familiariser avec cette culture, avant de découvrir, au sud-ouest, une province encore vierge de tout contact avec un monde extérieur .
Les derniers occidentaux présents dans la région étaient des missionnaires , qui en furent chassés en mille neuf cent quarante neuf par les communistes.
La province du Guizhou est l'une des plus pauvres avec celle du Gansu.
" Il n'y a jamais trois jours de beau temps consécutif , l'habitant n'a pas trois sapèques en poche, et il n'y a pas trois lis de plat pays." Cela donne le ton.
Cette province est riche de la diversité de ses minorités ethniques, qui avaient su conserver un mode de vie authentique. Les villages vivaient toujours en autarcie, protégés par le rempart des montagnes. Quatre vingt dix pour cent du territoire sont des pics karstiques .
Mon matériel photo se compose de 2 boîtiers Leica M6 et de quatres objectifs: 28 , 35 , 50, et 90 mm.
Avec 270 jours de pluie par an et une brume constante je privilégié le film argentique N/B 400 ASA.
L'accès de cette province étant interdite au tourisme , la tâche ne fut pas facile.
Le jeu du chat et la souris avec les autorités locales n'était pas une solution pérenne pour pénétrer ces montagnes brumeuses recelant tant de secrets.
Ma démarche fut d'établir une base dans la capitale de la province.
Je me fis des " guanxi "