J'ai rencontré à Arles en 2015 une communauté Rom composée de plusieurs familles originaires d'un même village, Eliza, situé à 60 kms au nord de Bucarest. La suspicion qu’elles m’ont d’abord manifestée a progressivement fait place à une sympathie et à une curiosité mutuelles. Je n’ai su ensuite résister à l’envie de leur rendre visite, multipliant ainsi les allers retours entre mon domicile francilien et la cité d’Arles.
Séduit par l'énergie, la liberté et la dignité de ces gens, je les ai longuement observés et ai assisté à leur insertion dans le tissu arlésien. Vivant d'abord majoritairement de la mendicité et de la récupération de métaux, je les ai vus peu à peu se familiariser avec la langue française, se diriger vers le monde du travail, inscrire les enfants à l’école et obtenir des logements décents.
Considéré peu à peu comme un des leurs, j’ai été convié à plusieurs reprises à les retrouver en Roumanie pendant l’été. J’ai pu alors prendre conscience de ce que cette parenthèse estivale signifie pour eux et combien elle leur est nécessaire pour se ressourcer.
Ce qui m’a le plus frappé est la façon dont cette petite communauté se métamorphose une fois de retour en Roumanie et rompt avec l’existence simple et laborieuse qu’elle mène à Arles. L’épargne qu’elle y a lentement constituée est ainsi majoritairement dépensée dans l’organisation de grandes fêtes et notamment de mariages.