À PROPOS DE "FIENTASIA"
" Les photographies de “FIENTASIA“, dernière série d'Alain-Gilles Bastide (2023-2024), s’inscrivent dans une tradition typiquement française qui vise à creuser dans notre espace journalier des voies pour révéler des mondes encore inconnus. Pensons à ces naturalistes que furent Denis Brihat, Jean Pierre Sudre ou même Jean Dieuzaide qui chacun à leur façon dans les années soixante vécurent des transes photographiques à travers la matière vivante des natures mortes que furent les fruits, les légumes, la matière en fusion du brai ou l’infiniment petit dans l’écorce du bois…
AGB aime à déceler dans le réel les traces du temps, mais aussi la poésie des labyrinthes de sa mémoire le long des rues de son quartier, avec un appareil photographique et une technique maitrisée de la couleur au noir et blanc. Ses images inattendues ouvrent devant nos yeux ébahis des espaces, des formes, des volumes, des lumières comme éclairées de l’intérieur. C’est un voyage fantastique, surréaliste, au coeur d’un univers à notre portée que la fientaisie et le talent du photographe transcendent…
Claude Nori
Editeur / Photographe
2024
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(...) C'est très singulier, ces images qu'il faudrait littéralement dire "de merde" (ce que tu nommes "fientophotographie induit cela, n'est-ce pas?) Je suis assez frappé de voir revenir ces formes très lyriques, et d'un lyrisme cosmologique, essentiellement, selon des matières d'aussi peu de noblesse. Mais tout art n'est-il pas, à la fin, le reste d'une longue et lente digestion (de textes, d'images, de savoirs, de sensations, d'épreuves, de flâneries - que sais-je encore), c'est-à-dire une excrétion. Par là, bien sûr, tes dernières photographies touchent ainsi avec éclat et humour au coeur même de l'affaire, à ce qui fait le fond sombre des objets culturels, barbares et sordides, donc, mais rédimés toujours par la sublimation. C'est cette sublimation que ton travail exerce encore à plein (c'est beau) mais en en sapant néanmoins dialectiquement les bases (ce sont des fientes). Bref, cette sorte de mot d'ordre qui secoue : "Voyez comme c'est beau, et comme c'est de la merde".
C'est un geste vraiment original, fondé, et qui mérite évidemment attention et réflexion.
Philippe Petit
Critique d'art
2025
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(...) Bastide, conscient de cela, n'oublie pas le paradoxe, il doit donc nous rappeler la référence, cette entité à laquelle l'image fait appel, et ainsi nous ramener à la réalité, mondaine, abjecte, décadente, morte, comme le temps-espace après l'obturation. Dans ce cas, l'excrément d'un pigeon lui a suffi pour sortir et entrer dans des mondes complètement différents, entre le micro et le macro, entre la manifestation de nouvelles idées esthétiques et la critique de l'époque dans laquelle nous vivons. Ce croisement d'idées dialogue avec ce que nous sommes essentiellement, la bête qui apparaît dans ses univers. Nous interprétons alors qu'il s'agit d'aspects de la bestialité humaine, des guerres, de l'envie, de la cupidité, de l'opium médiatique, en fin de compte une déconstruction de notre essence.
Francisco Martín López
Journaliste-Artiste-Photographe
Mexique, 2025
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TECHNIQUE:
• Photographie numérique • Instantanés/Snapshots (Olympus MD-D Objectif 18/42 - RAW) • Sans utilisation de filtres ou de rendus pré-programmés • Pas d’utilisation de l’IA • Uniquement correction chromatique • Pas d’importation de couleurs non résidentes du fichier • Sans recadrage • Ce n’est pas de la macro-photographie •
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ABOUT "FIENTASIA"
“FIENTASIA” Alain-Gilles Bastide’s latest series (2023–2024), stands in a distinctly French tradition that seeks to carve paths into our everyday surroundings to reveal still-unknown worlds. Think of those naturalists Denis Brihat, Jean-Pierre Sudre, or even Jean Dieuzaide who, each in his own way in the 1960s, entered photographic trances through the living matter of still lifes: fruits, vegetables, the molten substance of pitch, or the infinitesimal within the bark of wood.
AGB delights in uncovering in reality the traces of time, and the poetry of the labyrinths of his memory along the streets of his neighborhood, with a camera and a masterful command of both color and black-and-white. His unexpected images open before our astonished eyes spaces, forms, volumes, and lights as if illuminated from within. It is a fantastic, surreal journey into the heart of a universe within our reach, one that the photographer’s “fientaisie” and talent transcend.
Claude Nori
Publisher / Photographer
2024
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(...) It’s highly unusual—these images one would quite literally have to call “shit” (which your term “fientophotography” implies, doesn’t it?). I’m struck by the return of very lyrical forms, essentially a cosmological lyricism, arising from materials of so little nobility. But isn’t all art, in the end, the residue of a long, slow digestion (of texts, images, knowledge, sensations, ordeals, wanderings—what have you), that is to say, an excretion. In that sense, your latest photographs hit, with brilliance and humor, the very heart of the matter: what constitutes the dark substrate of cultural objects, barbaric and sordid, yes, yet always redeemed by sublimation. It is that sublimation your work still performs to the fullest (it is beautiful) while nonetheless dialectically undercutting its very foundations (they are droppings). In short, a kind of jarring slogan: “See how beautiful it is, and how it’s shit.”
Philippe Petit
Art critic
2025
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(...) Bastide, aware of this, does not forget the paradox. He therefore reminds us of the referent, the entity the image calls upon, and thus brings us back to reality—worldly, abject, decadent, dead—like space-time after the shutter closes. In this case, pigeon droppings were enough for him to pass in and out of entirely different worlds, between the micro and the macro, between the emergence of new aesthetic ideas and a critique of the era we live in. This crossing of ideas speaks to what we are at root, the beast that appears in his worlds. We then read it as facets of human bestiality: wars, envy, greed, media opium—ultimately a deconstruction of our essence.
Francisco Martín López
Journalist-Artist-Photographer
Mexico, 2025
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TECHNIQUE:
• Digital photography • Snapshots (Olympus MD-D Lens 18/42 - RAW) • No filters or pre-programmed renderings used • No AI used • Only chromatic correction • No import of non-resident colors from the file • No cropping • This is not macro photography •
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