Le projet de « photographie plasticiennes » que j' expose met en valeur mes productions de 2008 à 2015 créées à Chicoutimi, en Mauricie, en périphérie de Montréal et à Sainte-Marie-aux-Mines (France). Il présente l’ébauche éclatée d’un travail bidimensionnel qui tente de transcender le quotidien par des images romantiques et poétiques. Mes œuvres s’articulent à partir d’« installaction » que je nomme paysages plastiques. J’ai essayé d’illustrer un mode de pensée particulier et plus précisément une manière de penser au moyen d’images.
Le paysage plastique est une expression que j’ai adoptée pour décrire le dispositif objectal de mes photographies plasticiennes – une signature concrète de mon imaginaire. Le dispositif visuel de mes paysages plastiques acquiert ses formes, son cadre et ses mesures par le moyen d’une « installaction poétique » à petite échelle ; c’est-à-dire un environnement (une vue d’ensemble) dans lequel je présente une oeuvre romantique et lyrique. Mes photographies plasticiennes sont les épreuves synthèses d’un raisonnement de « transformer les sentiments de joie en concept ». Les paysages plastiques sont similaires à des tableaux picturaux tridimensionnels que je conçois en vue de les photographier avec un regard exotique. Les paysages plastiques se transforment en photographies « plasticiennes » et laissent voir aux spectateurs une mise en scène de signes et de symboles personnels décrivant la beauté de ma sensibilité intérieure. Mes photographies plasticiennes s’orientent vers le récit du rêve arrimé au romantique et à l'amour : un paysage parfait que je ne construirai jamais. J’ai l’intuition qu'à l'aide de mes paysages photographiques je veux accaparer un objet « dont la nature du beau m'échappe ».
La particularité de mes photographies plasticiennes est de rendre créatif le quotidien par des constructions épurées. Le défi est de construire un environnement romantique et lyrique à partir de matériaux foncièrement usuels. Je cherche non pas à (re)produire des concepts clichés de l’émerveillement, de la rêverie ou de la prose, mais à réinventer l’idée du romantique en introduisant des formules d’approches inédites par le moyen des arts visuels. Je suggère de rénover les qualificatifs qui définissent le romantique en réanimant ce dernier sous un regard nouveau – ses propriétés, ses forces et ses images. Cela permettra peut-être de dénouer le sens péjoratif qu’on lui attribue aujourd’hui par la moquerie, la dépréciation et l’ignorance. Je crois pressant d’user de créativité pour réinvestir le romantique dans de nouveaux espaces ; là où tout est à construire.