L'INVISIBLE LABYRINTHE DES TEMPS
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THE INVISIBLE LABYRINTH OF TIMES / Photography (snap-shoot) : Alain-Gilles Bastide - 2006-2008

About "The Invisible Labyrinth of Times" By Jean-Claude Lemagny*

A wise man once said: "There truly is another world. Yet, it is part of this one". Our universe is haunted, but not by ghosts: by presences. Japanese people say: "those who believe in ghosts do not know how to see through the night". Eyes that can not see are blind to presences. It is not the after-world that artists and poets are looking for; they are clairvoyants of presences.

There are moments when the ability to see joins the ability to dream. And they both meet in a mysterious and profound place.

This is when you need to talk about the clairvoyance ability. It allows to see what everyone looks at without actually seeing it. It is here, just in front of everyone; yet few see it because they would have needed to feel the world as a presence and not only as a decor.

Through the eyes of the artist, when everything becomes a presence, other presences rise, invisible to others. The world duplicates, triplicates, reveals much more of itself, haunted not by ghosts but by a surplus of presences.

Think about it when watching Alain-Gilles Bastide's photographies.

Jean-Claude Lemagny -

À propos de “L’invisible labyrinthe des temps” par Jean-Claude Lemagny *

Un sage a dit: “ Il y a bien un autre monde mais il est en celui-ci ”. Notre univers est hanté mais non par des fantômes: par des présences. Les japonais disent: “ Ceux qui croient aux fantômes sont ceux qui ne savent pas regarder la nuit “. Les yeux qui ne savent pas voir sont aveugles aux présences. L’artiste et le poète ne sont pas des chercheurs d’au-delà mais des voyants de la présence.

Il est des moments où la faculté de voir rejoint la faculté de rêver. Elles se rejoignent en un lieu mystérieux et profond.

Et c’est alors qu’il faut parler de la faculté de voyance. Elle est de voir ce que tout le monde voit mais sans jamais le regarder. C’est là, devant, mais bien peu le regardent car il faut pour cela avoir ressenti le monde comme présence et non seulement comme apparence.

Quand tout devient présence, sous les yeux d’un artiste, se lèvent des présences jusque là invisibles aux autres. Le monde se dédouble, se détriple, se révèle beaucoup plus riche, hanté, mais non pas par des fantômes, habité par un surplus de présences.

Pensez-y en regardant les images de Alain-Gilles Bastide.

Jean-Claude Lemagny - Paris Février 2008

* Écrivain / Ex-conservateur du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale