C’est en déambulant dans les rues parisiennes, en prenant le temps de regarder là où je marchais, que j’ai rencontré des galaxies, des rêves et des mémoires, et que je me suis aperçu que l’homme invisible avait peut-être été touché par un missile.
Dans ces espaces où la présence se sent dans l’absence, je découvrais le silence de la trace au milieu du brouhaha parisien, ou dans la brise de La Havane. Partout, des morceaux de miroir reflétaient la ville explosée, comme autant de pièces d’un puzzle graphique qui reconstituaient son image.
Ces signes, ces traces dans leur enchaînement emmenaient ma pensée dans un parcours. Elles créaient un chemin, en même temps qu’elles le marquaient pour un possible retour.
Mais dans l’image de la trace, j’arrivais toujours avec un temps de retard sur les protagonistes supposés. À chaque fois le regard ne pouvait que constater l’absence, pendant que mes pensées, graphiques, roulaient dans cette constance de l’invisible. Chaque image était un passage secret pour souvenirs en fragmentation d’homme furtif.
Je travaillais alternativement à Paris et à La Havane. Ici les traces étaient d’asphalte et sentaient l’échappement. Là-bas c’était le vent du large et le retour au sable. Ici la modernité en marche et là-bas le temps arrêté. Et c’est comme cela que j’ai commencé à vouloir aller à la rencontre des traces, rendre visible la constante de toutes les peurs de la société industrielle : l’invisible.
…
Quand Tchernobyl est devenu le village le plus connu de la Terre, j’étais en Equateur, très loin de l’atome invisible qui faisait évacuer des populations entières. Imaginez un seul instant… Photo. Quelqu’un sonne à votre porte : il faut partir tout de suite, sans rien emporter, laisser toute la matière, toute sa vie, à la trace. Il faut mourir en restant vivant. Etrange paradoxe. Au téléphone des amis praguois me racontaient qu’il était interdit de se rouler dans l’herbe et de manger de la salade…
Puis, après la panique et l’adrénaline, avec le temps, la poussière atomique servira de moule à des traces interdites d’accès par la mort.
…
Et quelques années plus tard, quand la misère fera profaner ces lieux où la vie avait été suspendue, enlevée, les pillards de passage y laisseront des traces de peur dans les traces de la mort.
Ce sont à toutes ces traces que je voudrais rendre images.
Alain-Gilles Bastide - 2006
------------------------------------------------------------------------------
"(...) traces, signes, symboles, empreintes, rarement la visée instantanée du réel n'aura été autat archéologie du passé et mémoire du présent et l'art du photographe celui d'une quête" (...)
Jean-Louis Libois (Journaliste / Cinéaste) - 2004
------------------------------------------------------------------------------
(...) Si on me demandait pourquoi Bastide n'est pas peintre, cela ajouterai plus d'eau au moulin de la rivalité entre peinture et photographie. Mais tout l'art n'est-il pas photographie ? Les images produites par Bastide sont une création plastique, mais aussi littéraire, architecturale, elles sont des compositions allant au-delà de la technique épurée et minutieuse du pinceau, le plein d'une feuille blanche, la composition d'un paysage naturel ou urbain, elles sont une réflexion mélancolique du temps, l'implacable, celui qui est passé, celui dont nous savons déjà qu'il glisse comme la pluie, dans le passé. (...)
Roberto Perez Léon (Écrivain / Dramaturge) - 2005
------------------------------------------------------------------------------
Droit à l'image
Les photos et les textes présentés sur ce site ne sont pas libres de droit sauf accord préalable écrit de l'auteur.
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, traduction, adaptation, transformation, arrangement d'une oeuvre réalisée sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit (héritiers et cessionnaires des droits d'auteur comme les éditeurs et les producteurs, sociétés de gestion des droits d'auteur) est illicite ( article L 122-4 du CPI). Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
Le fait de mettre une oeuvre à la disposition du public via Internet nécessite impérativement l'autorisation de son auteur ou de ses ayants droits.
La personne qui reproduit sans autorisation de l'auteur une oeuvre sur un serveur Internet pour mettre celle-ci à la disposition du public commet un acte de contrefaçon (articles L 335-2 et L 716-9 du CPI). La contrefaçon est un délit civil et un délit pénal.
La contrefaçon couvre toutes les reproductions et diffusions illicites c'est-à-dire non autorisées.
Derechos de imagen
Las fotos y los textos presentados en este sitio no están libres de derechos, salvo con el consentimiento previo por escrito del autor.
Toda representación o reproducción total o parcial, traducción, adaptación, transformación, arreglo de una obra realizada sin el consentimiento del autor o de sus derechohabientes (herederos y cesionarios de los derechos de autor como editores y productores, sociedades de gestión de derechos de autor) es ilegal (artículo L 122-4 del CPI). Lo mismo se aplica a la traducción, adaptación o transformación, arreglo o reproducción por cualquier arte o procedimiento.
La puesta a disposición del público de una obra a través de Internet requiere la autorización de su autor o de sus derechohabientes.
La persona que reproduce una obra en un servidor de Internet para ponerla a disposición del público sin la autorización del autor comete un acto de infracción (artículos L 335-2 y L 716-9 del CPI). La infracción es un delito civil y penal.
La falsificación abarca todas las reproducciones y distribuciones ilegales, es decir, no autorizadas.
Copyright
The photos and texts presented on this site are not free of rights unless prior written agreement of the author.
Any representation or reproduction in whole or in part, translation, adaptation, transformation, arrangement of a work made without the consent of the author or his beneficiaries (heirs and assignees of copyright such as publishers and producers, copyright management companies) is illegal (Article L 122-4 of the CPI). It is the same for the translation, the adaptation or the transformation, the arrangement or the reproduction by any art or process.
The fact of putting a work at the disposal of the public via Internet requires imperatively the authorization of its author or its assignees.
The person who reproduces without authorization of the author a work on an Internet server to put this one at the disposal of the public commits an act of counterfeit (articles L 335-2 and L 716-9 of the CPI). Counterfeiting is a civil and a criminal offence.
The counterfeit covers all the illicit reproductions and diffusions i.e. not authorized.