Cette série photo explore les multiples visages des Kirghizes, un peuple semi-nomade en quête identitaire, pataugeant dans les remous du post-soviétisme. Lors de l’expansion de l’empire soviétique, le colonisateur russe a sédentarisé les peuples nomades d’Asie centrale en imposant la collectivisation des terres agricoles et pâturages et en créant des fermes collectives gérées localement. Ces peuples, dont l’organisation sociale était basée sur l’esprit de clans ont peu à peu perdu leur autonomie et leur liberté. Ce fut le prix à payer pour permettre le développement des infrastructures et un meilleur accès à l’éducation. Les croyances et les traditions chamaniques, bien ancrées au sein des populations locales, ont tranquillement été chassées au profit de la laïcité soviétique et les rites religieux furent pour la plupart interdits lors de l’occupation. Les frontières, arbitrairement dessinées par Staline, sans grands égards aux différents groupes ethniques ont contribué à l’émergence de tensions. À la chute brutale de l’empire soviétique, au début des années 90, les Kirghizes, tout comme leurs voisins des « Stan » se sont retrouvés seuls, en perte de repères et à la recherche d’une identité distincte. Ils composent désormais entre nostalgie, traditions et ouverture sur le monde.
Malgré les défis auxquels ils sont confrontés, leur histoire est éclatante de beauté. Leurs valeurs familiales, leur générosité et leur amour de la nature sont saisissants. Terres Passagères cherche à partager en toute simplicité des moments authentiques de leur vie quotidienne et la joie de vivre qui les anime.
This serie explores the mulitple faces of semi-nomad Kyrgyz people, floundering in the turmoil of post-sovietism in search of its identity. During the expansion of the soviet empire, the Russian colonizer has settled down Central Asia nomad populations by commanding the creation of locally managed collective farms and pasturelands. These people living according to a clan-based social structure, gradually lost their freedom and self-reliance. It was the cost for infrastructure development and an improved access to education. Strongly established shamanic believes and traditions were slowly pushed away and replaced with soviet secularism, prohibiting most religious rites. Borders, arbitrarily drawn by Staline without taking any notice of different ethnic groups, contributed to the emergence of racial tensions. As the soviet empire brutally collapsed in the early 90s, Kyrgyz as well as their “Stans” neighbours lost their bearings and were left alone, seeking for a distinct personality. They now struggle between nostalgia, traditions, and a gateway to the world.
Despite the challenges that await them, their story is brimming with beauty and grace. Their familial values, generosity and love of nature is striking. Terres passagères focuses on these individuals, sharing simple and authentic moments of their everyday life and what they live for.