Since november 2016, thousands of migrants from Sudan, Eritrea, ... are coming in the Maximilian Park (Brussels), hoping to go to UK.
Belgium is just a step into exile.
Since september 2017, the belgian politic is more and more firm, supposedly "human". Against this vision, citizens are mobilised to offer other: security, protection, food, a bed, ... for one night or more.
But.
"After the government's policy of ‘opkuisen' (cleansing) in Maximilian Park and the return of refugees to Sudan despite the risk of torture, the federal government now wants to legalize searches not only of residences where foreigners ordered to leave the country are living, but also of the homes of citizens hosting migrants so they do not have to sleep outside. This is an attack both on our fundamental values and on the tremendous work of the hosting citizen" (Plateforme citoyenne d'aide aux refugies).
Belgian citizens are moving for a hospitable migration policy that respects fundamental rights.
These pictures shows the collective and singular actions and testimonies about the sense of civic obligations.
(more portraits on https://coralievankerkhoven.wordpress.com/humans-of-maximilian-2017-in-project/)
Depuis fin 2016, de nouveaux visages apparaissent à Bruxelles, Gare du Nord, conséquence (in)directe du démantèlement de la jungle de Calais: Soudanais, Érythréens et encore d'autres, se retrouvent à Bruxelles, espérant passer en Angleterre, l'Eldorado rêvé ou une réelle opportunité (famille ou connaissances déjà sur place...). En vertu de Dublin et/ou par manque d'informations, beaucoup ne souhaitent pas demander l'asile en Belgique.
Que connaissons-nous vraiment de ces contrées lointaines ? Presque rien même si devant nous défilent les images de canots surchargés, nous "savons" aussi l'inhumanité des régimes politiques, les prisons libyennes et l'évidence se pose: on ne quitte pas son pays en abandonnant tout, en prenant le risque de mourir en chemin s'il n'y avait pas l'espoir d'une vie meilleure.
Après m’être beaucoup investi en 2015 et 2017, l’envie de prendre de la distance mais le Parc Maximilien, on y revient toujours.
Août 2017. Je pars en voyage au Vietnam. Via les réseaux sociaux, il n'y a plus moyen de fermer les yeux: de plus en plus de jeunes, de femmes, ... se retrouvent à la rue, dorment où ils peuvent, c'est-à-dire nulle part, zonent leur lit de carton sous le bras dans les rues. Septembre 2017, j'accompagne Ophélie, une "vieille" connaissance et la Belgium Kitchen en maraude : c'est terrifiant et ce, au coeur des grands buildings des multinationales. Les migrants errent, leur lit de carton sous le bras, s’abritent où ils peuvent, … des très jeunes.
La plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés – un groupement actif de citoyens belges - qui n'a pas cessée d'être active depuis 2015, lance l'opération, fin août-début septembre "Aucune femme dans le Parc". Comme d'autres citoyens, nous ouvrons à nouveau nos portes: à des femmes, à des jeunes, à des Soudanais, à des Erythréens, ...
Avec la non-politique d'accueil, les propos délibérément outranciers de "nos" politiques, les actions policières musclées face à la fragilité des migrants, le mouvement citoyen s'intensifie et désormais, chaque nuit, via le groupe Hébergement et les sous-groupes régionaux,... ce sont près de 300 à 400 personnes qui trouvent un abri, de quoi se nourrir, se vêtir et surtout un peu d'humanité et ce, un peu partout en Belgique: en banlieue cossue, à la campagne ou en centre-ville, à la Porte d'Ulysse ou dans un salon. Des citoyens qui n'hésitent d'ailleurs pas à prendre position et à descendre dans la rue pour appeler à ce qu’une vraie politique d’accueil soit menée. Le Parc Maximilien est le point de ralliement, lieu symbolique, grain de sable dans la machine, les réseaux sociaux sont sollicités et servent de tam-tams modernes.
Par rapport à 2015, le mouvement a clairement pris de l'ampleur quantitative et qualitative: les compétences des uns et des autres se renforcent, se complètent (hébergeurs, stockeurs, chauffeurs, …).
J'ai voulu alors m'interroger sur ce qui motivait justement ces personnes qui disent "non" et qui questionnent en actes la notion de responsabilité, du lien, ... en dressant le portrait de quelques un de ces "Vnous", ces bénévoles ou plutôt ces citoyens, à la fois animés par leur engagement mais aussi par leurs doutes, bénévoles tout neufs ou anciens du Parc, engagés à la Plateforme citoyenne ou pas, en les écoutant me parler de leur histoire, des résonnances de celle-ci avec les migrants, de leurs doutes aussi, …
Comme dans chacune de mes démarches photos, j’aime montrer qu’une foule, qu’une masse – qu’elle soit de réfugiés ou de citoyens – ce sont des singularités à prendre une par une.
A côté de ces rencontres, je couvre toujours les manifestations collectives, symbole quelque part, de la vitalité démocratique.