2019 a marqué la 25ème commémoration du Génocide des Tutsis au Rwanda. Plus de 800.000 victimes en trois mois, pendant que l'Occident fermait les yeux.
Trait d'union, communication, échange : une photo est beaucoup plus qu'une photo, c'est un symbole de « proximité humaine ». C'est avec cette conviction que nous sommes partis raconter le génocide et ses effets autrement. Parce que pour raconter un génocide de presque un million de morts, même 25 ans après, il faut se faire tous petits, rencontrer, écouter sans préjugés. Offrir un cliché, de ceux qu'avec un ancien appareil Polaroid on peut développer en quelques minutes, devient un pont pour cet échange.
Malgré les profondes transformations sociales qui visent à créer le « nouveau » Rwanda, le souvenir des massacres est toujours très vivant dans la mémoire collective du peuple rwandais, une mémoire souvent confinée à la sphère personnelle dans un contexte de liberté d'expression limitée où toute référence ethnique a été bannie.
Pour donner une voix à cette mémoire et comprendre la situation d'aujourd'hui de manière ouverte, intense, dépourvue de tout préjugé, Giordano Cossu et Arno Lafontaine ont sillonné le pays à pieds pendant 3 mois pour rencontrer, écouter et photographier la population rwandaise du milieu rural. Un voyage d'autres temps, avec les moyens d'antan, à partir de la technique photographique: loin du concept de photographie numérique, les portraits sont réalisé avec technique Polaroid. De chaque personne, deux clichés ont été pris : un a été offert à la personne prise en photo, et l'autre fait partie de l'exposition. Ces portraits sont donc le résultat d'une conversation, un long échange avec la personne qui a donné son témoignage, évoquant souvent sa souffrance.
Cette collection de photos et d'histoires révèle un panorama très émouvant et varié de la reconstruction du Rwanda, de son développement et de la vie rurale difficile sur les collines où victimes et anciens bourreaux cohabitent de nouveau ensemble. Réconciliation et développement pour tous, quelque soit l'appartenance sociale, sont indispensables et indissociables pour atteindre l'objectif de construire un futur meilleur et pacifique