C’est une série de photos en noir et blanc qui illustre le climat anxiogène que je ressentais juste après le premier confinement. Elles ont été prises, pour moitié, avant cette période et les plus récentes au mois de novembre 2020. Ce sont des photos sombres d’où émerge timidement la lumière qui éclaire avec parcimonie des espaces habités comme si elle hésitait à les montrer. Est-elle embarrassée ou a-t-elle honte devant la stupidité d’un animal détruisant son lieu de vie ou, sait-elle comment encore l’éclairer pour l’aider à progresser dans son combat contre les différents maux qui l’attaquent ou, est-elle envahie par le doute de devoir encore l’éclairer malgré tout ?
La plupart des images est le résultat de la superposition d’au moins deux prises de vues, parfois trois ou quatre, effectuées in situ car aucun montage ou autre collage n’est ajouté ensuite.
La première prise de vue est celle d’un paysage avec peu de ciel voire pas du tout.
Souvent la deuxième prise de vue est presque la même que la première mais floue et décalée comme une hésitation, pour rendre les contours incertains, ne pas déranger, ne pas montrer la réalité, ou peut-être, est-ce de la pudeur. Mais la deuxième prise de vue peut être aussi celle d’un détail proche de mon point de vue ou celle du sol que je foule à ce moment ; sol de sable, d’herbes, de terre, de boue, de flaques ou d’asphalte parfois marqué de symboles réglementaires ou non. L’image est ainsi surchargée de signes naturels, humains et écrits et parfois tremblants, elle devient saturée, alors le regard brouillé, en recherche de sens, s’accroche à un détail qui, en d’autres circonstances, aurait été anodin.