Ce qui borde la mer
Sur les rivages de la mer du Nord, il n’y a pas de « bord de mer ». L’expression désigne le plus souvent un lieu de villégiature, une côte fréquentée, une plage populeuse —présence multiple et profuse. La visée de ces photographies est autre : rendre compte des confins du territoire, d’une langue de terre sauvage ou désertée, d’un bord littoral ; s’exposer en tant qu’observateur à l’effet de bord. Mais que recouvre cette formulation ?
Dernières nouvelles de l’exploration : tout commence avec une « exposition », par laquelle l’observateur décrit une lente avancée vers le paysage et vers l’événement de l’image. Il se porte à la rencontre du lieu, quelles que soient les modalités de cette rencontre ; il s’abandonne à la contemplation d’une étendue dans la perspective d’en enregistrer et d’en interpréter les signes ou les marqueurs, ainsi que les bornes (toujours l’étendue est comprise entre deux bornes, deux limites ou deux seuils, qui forment un cadre ou un champ). Lumières changeantes des Pays-Bas, manteau de neige, camaïeu de teintes effacées ; un lit de pierres semble partager l’eau du sol et courir en courbe vers l’horizon ; deux surfaces vierges s’étendent à perte de vue depuis cette ligne jusqu’aux côtés du cadre.
Dans l’effet de bord propre au littoral, le photographe prend le risque d’un entre-deux ; il n’est plus dans l’enceinte des terres, au mitan ou au milieu d’une géographie, au sein ou au centre de la demeure ; il pose pied sur le rivage, cette frange qui borde la mer et voisine avec la distance illimitée, avec l’extériorité. Finis terrae. Ici finissent les terres, c’est le bout du chemin. Aux extrémités correspondent souvent l’imminence d’un événement, la promesse (ou la menace) d’un dépassement ou d’un accomplissement — et le tremblement qui en résulte dans la psyché. Aux abords de l’île frisonne d’Ameland prévalent silence, dépouillement et dépaysement (au sens de sortie hors du petit pays en direction de la mer, aux sens de changement de milieu, de passage) ; mais le punctum de la photographie existe bel et bien, qui conduit les regards jusqu’à l’envol des oiseaux vers la nue.
L’écrivant est sentinelle qui témoigne de la réalité la plus immédiate ; quand le photographe est une vigie qui scrute les lointains pour en recueillir l’image. Avec une grande retenue, entre finitude et infini, Guillaume Fandel a longé le littoral nord en s’approchant au plus près des signes discrets qui le composent.
Étienne Diemert
. Piqûre, point ou petite tache en latin, le punctum a été théorisé par Roland Barthes dans La Chambre claire et désigne « ce qui me point ou me meurtrit », ce qui m’attire et m’atteint au sein de la photographie.
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I have interests for the landscape at his 'Edge', his fringe, his limits; where spaces become vague, sometimes unsettled, and where our relation with Nature has became ambiguous; a certain kind of undisciplined shape/form of landscape; some 'in between' places, born with the partitions of cities and countryside.
Territory sometime still appears like blank and his representation goes hand in hand with traveling and the quest of the place, the light and the colours.
As a painting, my photographs would offer a meditative contemplation, and build the backgrounds of an imaginary scene rather than her story. However, i try to be careful to avoid any suggestion of the picturesque and sentimental. I try to objectify the view that was offered, by revealing strangeness and fascination, and finally propose a 'landEscape'.
The play with lines and horizon(s) (what could be so abstract and 'real' in the same time?) combine with polyptychs, technique of the framing and juxtaposition of pictures gives the opportunity to transform Places and mix several distinctive time and space. It's a way to appropriate the landscape in order to share a dream and allow a momentary journey at the limits of an impossible earth but build with picture of the 'Real'.